Lean et Six Sigma
Posted in Concepts de base, Lean on June 1st, 2010 by Hachen Christoph – Be the first to commentDepuis quelque temps, le terme Lean/Six Sigma est devenu le nouveau “buzzword” dans le monde des méthodes d’amélioration d’entreprises. Ces deux méthodes partagent l’objectif d’optimiser la performance de l’entreprise, mais leurs idées de base sont complètement différentes. Le but de cet article est de discuter ces différences et d’en tirer des conclusions par rapport au domaine d’application d’une application combinée de Lean et Six Sigma.
Lean
L’idée de base du Lean est de minimiser toute activité qui ne rapporte pas de la valeur ajouté au produit et/ou au service. Des activités typiques à supprimer sont des attentes, la surproduction, des transports ou la non-qualité. Comme gaspillage principale est considéré le stock, car c’est il sert comme buffer pour contourner les problèmes liés aux activités sans valeur ajoutée.
Les outils les plus importants pour réduire le gaspillage sont le 5S, la TPM, le SMED et la production cellulaire. L’outil 5S (débarrasser, ranger, nettoyer, standardiser, être rigoureux) assure un environnement propre, rangé et sûr, tandis que la méthode TPM (Total Productive Maintenance) est appliquée pour obtenir des moyens de production efficace et 100% disponibles. Une condition importante pour l’application de la production cellulaire et la possibilité de fabriquer avec des tailles de lot minimales (flux unitaire). Cet objectif est obtenue via l’application de la méthode SMED (Single Minute Exchange of Die), qui minimise les temps de changement de série. En production cellulaire, les flux sont adoptés à une famille de produit particulière.
En générale, ces outils sont appliqués dans le cadre de Kaizen. Un Kaizen est en général une action d’un team pluridisciplinaire qui dure entre 3 et 5 jours. Le but de ce chantier Kaizen est d’améliorer l’état actuel d’un domaine bien déterminé en les quatre étapes 1) Analyse de l’état actuel, 2) Recherche de solutions, 3) Implantation et 4) Vérification.
Le Lean est donc basé sur un concept et quelques outils simples, qui sont appliqués d’une manière continue étape par étape. La méthode Lean ne décrit pas un système ou une configuration optimale, mais plutôt une méthodologie (philosophie) à appliquer pour tendre vers un état idéal.
Six Sigma
L’dée de base de Six Sigma est diminuer les variations d’un processus pour optimiser sa performance. Les variations d’un processus sont considérées comme cause racine de toute inéfficacité (pertes de performance, problèmes de qualité,…). Les variations du processus sont décrites à l’aide de la loi normale (répartition de Gauss), ce qui permet d’identifier d’une manière factuelle la capabilité statistique d’un processus (écart entre résultat souhaité et resultat effectif). Dans l’état idéal, la capabilité d’un processus satisfait le critère de six sigma (six fois l’écart type d’un processus).
Les outils les plus importants pour étudier et réduire la variabilité d’un processus sont des AMDEC (Analyse des méthodes de défaillance), l’analyse statistique de données (analyses Pareto), les plans d’expérience et des diagrammes d’Ishikawa. Une analyse AMDEC permet de déterminer d’une manière très structurée des modes de défaillances d’un processus. Des actions correctives sont nécessaires pour chaque mode qui dépasse une certaine criticité. Les problèmes les plus importants sont identifiés à l’aide d’analyses de Pareto. Similairement, la méthode statistique des plans d’expérience est utilisée pour identifier les paramètres les plus importants d’un processus. Finalement, les diagrammes d’Ishikawa permettent d’analyser et classer les causes pouvant affecter un processus.
Ces outils sont appliqués dans une démarche DMAIC, qui regroue les étapes Definir, Mesurer, Analyser, Améliorer et Contrôler.
La méthode Six Sigma est basée sur une approche scientifique qui assume une maîtrise statistique des processus. Son application assure que tous les aspects d’un problème sont analysés et traités d’une manière systématique.
Comparaison:
Les concepts de base de la méthode Lean ont été développé chez Toyota après la deuxième guerre mondiale dans un environnement dominé par un manque important de ressources. Cet environnement a favorisé donc des méthodes et approches simples qui ne demandent pas d’investissements importants. Six Sigma a été développé chez Motorola, qui est un fabricant de microprocesseurs. Le développement de Six Sigma a été donc guidé par le besoin d’une maîtrise des processus de fabrication pour éviter des rebuts importants et pour rentabiliser rapidement des investissements importants.
Les méthodes et outils Lean comme le 5S ou la TPM sont un ensemble de meilleures pratiques qui ne demandent pas de conditions particulières pour leur application. Au contraire, les méthodes statistiques de Six Sigma demande un effort de récolte de données. Un critère important est également une certaine stabilité du processus à étudier. En faite, en cas d’un comportement hors contrôle (chaotique), les méthodes statistique classiques ne sont plus applicables.
Contrairement aux outils et concepts de base, les méthodologies d’implantation des deux méthodes sont similaires. D’un point de vue générale, les deux approches sont basées sur l’analyse de l’état actuel, l’implantation de solutions et d’une vérification de leur efficacité.
Conclusions:
La comparaison entre les deux méthodes Lean et Six Sigma a montré des complémentarités comme des différences significatives.
Les plus grandes complémentarités entre les deux méthodes existent au niveau des méthodes de Six Sigma comme les diagrammes d’Ishikawa et/ou des analyses de Pareto. Ces deux méthodes peuvent être très utile pour identifier les causes racines d’un problèmes. Dans le cas d’un développent d’un processus complexe, une analyse AMDEC peut également apporter des informations très précieuses.
La plus grande différence entre les deux méthodes existe au niveau de l’application de méthodes statistiques sophistiqués comme des plans d’expérience. L’application de ces méthodes n’est pas simple (choix des modèles, récolte des données, interprétation et présentation des résultats,…) et la qualité des résultats dépend fortement d’une certaine stabilité du processus. En faite, une application de ces méthodes dans des domaines inadéquats (facteurs humains, environnement fortement non-linéaire, perturbations importantes,…) peut apporter plus de confusion que d’aide.
Dans un projet d’amélioration générale, il est donc fortement conseillé d’appliquer d’abord les concepts Lean. Ces concepts sont simples à mettre en place et leur application prépare le terrain pour une application éventuelle des concepts de Six Sigma. Concrètement, il n’est pas conseillé d’envisager l’application des concepts de Six Sigma sans une application préalable des méthodes 5S, TPM et/SMED.
Pour conclure, Lean et Sig Sigma peuvent certainement être appliqués ensembles. Mais la méthode Lean a un domaine d’application plus large et universel que Six Sigma. Quelques outils non mathématiques de Six Sigma sont utiles pour chaque projet Lean, mais l’ensemble de la méthodologie Six Sigma est adopté plutôt à des problématiques liés a la fiabilisation de processus de fabrication.